L’île au trésor
D’une crique à l’autre entre Corfou et le continent, Coromandel se retrouve bientôt à Mourtos et de là n’est plus qu’à une douzaine de milles de Paxos, la deuxième des sept îles ioniennes. On y arrive en début de nuit le 23 août, le bateau jette l’ancre dans une petite anse à l’est et repart dès le lendemain matin vers le sud de l’île pour en faire le tour.
Beaucoup d'arbres comme à Corfou
On a retrouvé Dark Vador !
Notre carte nous indique que le trésor de Paxos se trouve sur la côte ouest. Pour y parvenir nous devons tirer des bords et remonter au vent jusqu’à une crique qui s’ouvre au milieu de falaises colorées dans des tons d’ardoise et de rouille. Là se trouvent des grottes marines dont les fonds tantôt affleurent sous une eau bleu turquoise, tantôt plongent vers d’obscures profondeurs. Ce sont les bien nommées blue caves qui semblent attirer pas mal de visiteurs. Quand nous arrivons il y a déjà du monde, le mouillage s’avère compliqué : il faut laisser le passage libre pour les navettes chargées de touristes qui viennent jusqu’au seuil de la grotte principale en tester l’écho, ici un gros caillou, là un yacht de luxe dont le skipper nous observe avec inquiétude… Tant pis on se met juste devant, pas vraiment le choix ! Avec ça peu de prise pour l’ancre sur des roches qui descendent rapidement à plus de 10 mètres de profondeur. On se baigne à tour de rôle, deux dans la flotte pendant que le troisième surveille le bateau, prêt à manœuvrer.

Les grottes communiquent entre elles, au fond de la seconde d’énormes blocs de rochers abritent une kyrielle de crabes noirs et jaunes, dehors des girelles se prélassent au soleil… Franchement, on veut bien croire la légende qui dit que Poséidon aurait élu domicile sur cette île et que son fils Triton serait né dans l’une de ces grottes.
Dans l’après-midi les embarcations décampent l’une après l’autre et on finit par se retrouver presque seuls à profiter de la magie des lieux. Malheureusement pas pour longtemps car il nous faudra partir aussi… Passer la nuit ici au milieu des rochers avec une ancre qui ne fait guère que gratter le fond, ça me paraît quand même un peu risqué !