De Lagos à trop chicos !

Depuis un mois que nous contournons la péninsule ibérique, nous voici enfin sur la côte sud 🙂 La houle, qui hier encore malmenait le bateau et l’équipage, est restée derrière le cap Saint-Vincent ! Pour naviguer c’est beaucoup mieux, n’est-ce pas Camille ? Cet après-midi une bonne brise nous pousse vers Lagos et c’est un plaisir de sentir le bateau accélérer dans les risées. En à peine plus de 2 heures nous sommes à la Ponta da Piedade et nous prenons le temps de tirer des bords pour remonter à la voile les magnifiques falaises de calcaire déchiqueté, avant de rentrer au port en plein crépuscule.

Arrivé un peu tard, le bateau doit rester au ponton visiteur pour la nuit. Après le souper on va jeter un coup d’œil à la ville : Le centre de Lagos nous apparaît comme une succession de ruelles toutes plus touristiques les unes que les autres, avec des restos italiens, indiens, chinois, des pubs irlandais… Dans un bar à première vue sympathique où des musiciens jouent un Fado agréable à l’oreille, le patron nous racole jusque dans la rue, en quelques mots on comprend vite que l’addition sera salée. Tant pis, on rentre ! Il faudra attendre le lendemain pour découvrir la ville sous un autre angle, en nous éloignant un peu du centre.

Lagos n’attire pas davantage notre curiosité. Nous faisons le plein de bonnes pâtisseries à la Padaria Central et nous allons les déguster sur notre bateau le temps d’une promenade ensoleillée le long des falaises de la magnifique Ponta da Piedade. On lira plus tard, dans un article de presse intitulé Sauvons les plages de l’Algarve de leur destruction programmée, qu’ici comme ailleurs en Algarve le tourisme pousse à remblayer certaines plages rocheuses jugées trop difficiles à aménager !

Une fois le brunch terminé nous mettons de nouveau le cap à l’est. Une brise se lève et nous permet de couper le moteur à l’approche des plages qui s’étirent le long de la côte au sud de Portimao. L’après-midi ne fait que commencer, le soleil brille, impossible de résister : On jette l’ancre devant les rochers et on va se baigner ! Selma en profite pour apprendre à marcher sur les eaux…

A Portimao nous restons 2 nuits, ce qui nous laisse tout de même le temps d’aller visiter l’ancienne conserverie La Rose, transformée en musée, où l’on apprend tout de A à Z sur la fabrication des boîtes de sardine au début du XXème siècle. A l’époque les petites boîtes étaient très prisées : Mettre une de ces jolies conserves sur une belle nappe blanche pour démarrer un repas relevait du dernier chic ! Au musée on découvre également O Jogo da Sardinha, un chouette film de 1946 produit par la conserverie, ambiance garantie !

En dehors du musée où l’on découvre l’ancienne ville de pêcheurs, Portimao semble n’être aujourd’hui qu’une grande station balnéaire bardée d’immeubles et de restaurants avec vue sur la mer. Le lundi 5 novembre, après un petit tour en annexe jusqu’à Ferragudo, le petit port de pêche juste en face de la marina, nous repartons pour Vilamoura. Le vent d’ouest nous oblige à tirer des bords qui successivement nous éloignent et nous rapprochent des nombreuses grottes marines trouant la côte jusqu’au Cabo Carvoeiro, 2ème du nom (rappelez vous, le précédent était à Peniche).

L’arrivée au port de Vilamoura est spectaculaire : Toute la marina est entourée de magasins et de restaurants qui n’ont rien de portugais, ici place à l’international : pubs, pizzeria, resto indien, thaï ou chinois… Même une crêperie bretonne ! Le plan qu’on nous remet à la réception est tout aussi surprenant : La ville est entourée de 3 immenses terrains de golf et d’énormes complexes hôteliers. Carrément trop chicos !