F comme Fofo, Faro et Fly
Nous quittons au plus vite la marina sans âme de Vilamoura pour Faro qui sera notre dernière escale de l’année. Quand nous larguons les amarres ce mercredi 7 novembre, Camille et Mathieu sont déjà repartis la veille sac au dos ; avec Selma nous ne sommes plus que deux à bord.
Le soleil est déjà haut dans le ciel, une brise légère nous emmène au travers le long de l’immense lagune qui borde la côte à l’ouest et au sud de Faro. La houle nous balance un peu, on en rigole : On a connu bien pire ! En T-shirt sur le pont on écoute Nat King Cole, le refrain Quizás Quizás Quizás se perd dans la douceur de l’air marin… Selma me demande sa couette et s’endort paisiblement pendant que le bateau poursuit sa route. Je la regarde un moment, au dessus de ses grands yeux fermés quelques mèches de cheveux frémissent au vent ; je me dis qu’elle est sacrément fofo ma choupette. Puis je règle le cap du pilote automatique et après avoir balayé l’horizon du regard je descends surveiller le bœuf aux carottes qui mijote.
Quand nous arrivons au Cabo Santa Maria notre matelote — dixit Jean-Michel — est réveillée et nous pouvons affaler la grand-voile avant de traverser la lagune et remonter le chenal en direction d’Olhão. Nous jetons l’ancre en face du petit port de pêche de l’île de Culatra. Le boeuf-carottes est délicieux, la fin d’après-midi tranquille et le soir nous offre un magnifique coucher de soleil sur la lagune.

Après une nuit paisible le lendemain nous n’avons plus qu’à suivre au moteur le chenal dans les marais peuplés d’oiseaux jusqu’à la bouée numéro 23, juste en face du minuscule port de Faro. Ce n’est pas là que nous allons : Pour y accéder les bateaux doivent passer sous la voie ferrée, à peine s’il y a 3 mètres de tirant d’air à marée basse… Il en faut au moins 17 pour Coromandel ! En revanche il y a un chantier d’hivernage juste à côté, accessible à marée haute via un étroit chenal dragué tout exprès. Vers 14h un gars sur une barque verte vient nous chercher, c’est Bruce le patron du chantier qui nous conduit jusqu’à la grue. On nous sort de l’eau séance tenante, et le temps d’un coup de Karcher sur la coque notre bateau est amené à l’emplacement où, posé sur des bers, il restera une bonne partie de l’hiver.
La semaine qui suit notre arrivée est passée à ranger, nettoyer, frotter, frotter encore les boiseries du pont pour les débarrasser des moisissures, envoyer le génois à la voilerie, ranger la trinquette, et dresser la longue liste des petits travaux à faire cet hiver… Pour mieux repartir l’année prochaine 🙂
Le jeudi 15 novembre nous quittons Faro pour regagner nos pénates par la voie des airs. Time has come to leave the boat for a while, now let’s fly !
Du coup t’as pas été sur Mykonos ? Tu ne nous parlais que de cette destination avant de partir
Tu justifiais cette envie par ta passion pour la lutte et l’huile d’olive
FAMY
Grand Famy, Mykonos est encore loin mais on devrait y être en septembre 🙂
Une fois sur place je ne manquerai pas de partager mes séances de luttes, et il y aura sans aucun doute de quoi inspirer une suite au film de Jacques Doillon.